Du principe de l'art/332

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Du principe de l'art/331 Du principe de l'art/333

[original French]

léré, le pas de charge, la retraite, le boute-selle, le couvre-feu ; l'élément de guerre enfin.

Tous les peuples ont obéi à cette loi : il y a des fanfares pour la chasse, le pacage, la pêche, le travail des rameurs; des danses guerrières, danses religieuses, danses de mariage, danses de société.

En 89, nous avons fait la révolution aux chants de la Carmagnole, du Ça ira, de la Marseillaise, du Chant du départ, comme autrefois les Spartiates aux chants de Tyrtée, et les Francs aux chants de leurs bardes.

Pendant ma captivité à Sainte-Pélagie, en 1849, il y eut jusqu'à quatre-vingts prisonniers politiques, nombre minime, si l'on pense aux milliers de déportés de cette triste époque. Tous les soirs, une demi-heure avant la fermeture des cellules, les détenus se groupaient dans la cour et chantaient la prière; c'était un hymne à la Liberté attribué à Armand Marrast. Une seule voix disait la strophe, et les quatre-vingts prisonniers reprenaient le refrain, que répétaient ensuite les cinq cents malheureux détenus dans l'autre quartier de la prison. Plus tard ces chants furent interdits, et ce fut pour les prisonniers une véritable aggravation de peine. C'était de la musique réelle, réaliste, appliquée, de l'art en situation, comme les chants à l'église, les fanfares à la parade, et aucune musique ne me plaît davantage.

Je ne comprends pas la musique de concert et de

[English translation]

charge, retreat, to horse, curfew, the very element of war, in short.

All peoples have obeyed this law: there are fanfares for hunting, grazing, fishing, the oarsmen's strokes, war dances, religious dances, wedding dances, social dances.

In '89, we made the revolution to the tunes of the Carmagnole, the Ça ira, the Marseillaise, and the Chant du départ, like the Spartans with the songs of Tyrtaeus, the Franks with the songs of their bards.

During my captivity at Sainte-Pélagie, in 1849, there were around eighty political prisoners, at a minimal estimate, if one thinks of the thousands of deportees of that sad period. Every evening, half an hour before the closing of the cells, the detainees gathered in the courtyard and sang the prière; it was a hymn to Liberty attributed to Armand Marrast. One sole voice spoke the strophe, and the eighty prisoners gave back the refrain, which then was taken up by the five hundred unfortunates detained in the other section of the prison. Later the songs were forbidden, and this made the pain of the prisoners worse. That was a real music, realist, applied, of situated art, like the songs of the church, the fanfares of the parade, and no music pleases me more.

I do not understand concert music and