De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome III/186

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[original French]

l'âne, coupé verticalement suivant la longueur, en sorte que tout soi i égal et semblable de part et d'autre: Car ni les parties de l'univers xiî les viscères de l'animal ne sont semblables ni également situés des deux côtés de ce plan vertical.

Il pouvait ajouter que, le fussent-ils à un instant donne, par le mouvement universel ils cesseraient aussitôt de l'être.

Tout est ainsi lié dans l'univers,-non par une action absolue et nécessitante, mais par une réciproque influence : ce qui détruit à la fois la liberté pure et la nécessité pure, deux conceptions idéales qui ne servent qu'à marquer les deux points extrêmes de la réalité.

De plus, comme toutes les parties de l'univers sont coordonnées entre elles, suivant la qualité spécifique des monades, et l'ensemble subordonné à Dieu, l'être souverain, il s'ensuit que l'univers, malgré l'imperfection relative de toutes ses parties, et malgré sa propre imperfection comparativement à Dieu, est cependant, au total, le meilleur possible.

Leibnitz n'était pas homme, comme Spinoza, à rompre en visière aux croyances établies pour un système de métaphysique ; il tenait à vivre bien avec les puissances, surtout avec l'Eglise. Aussi sa grande affaire fut-elle moins de démontrer sa synthèse dans sa rigueur dialectique, que de la concilier avec la foi. Toutes les objections lui vinrent de ce côté. Il n'y eut pas jusqu'à Bayle qui, au lieu de prendre le système des monades, comme il convenait, dans sa tendance réaliste et scientifique, ne se mît à chicaner l'auteur sur la prescience divine et la damnation. C'est là, en effet, qu'était le péril pour Leibnitz ; mais c'est là aussi qu'est la sottise de ses adversaires. Au lieu de risquer sa religion, le grand homme aima mieux risquer sa philosophie : cette reculade a peut-être coûté au monde cent cinquante ans.

Puisque Leibnitz faisait tant que d'éliminer l'absolu de la nécessité et du franc arbitre, il devait, pour être conséquent et au risque de passer pour athée, l'éliminer de partout. Sa pensée alors eût scandalisé le monde, mais elle l'aurait dominé. Au lieu de cela, Leibnitz s'efforce de rétablir l'absolu, en Dieu d'abord, dont il reconnaît l'infi-

[English translation]

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Notes

<references />