De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/60

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De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/59 De la Justice dans la Révolution et dans l'Église/Tome I/61

[original French]

sur l'Orient. En ce moment, il est vrai, il y a refroidissement de l'alliance russe, réchauffement de l'alliance anglaise. L'Angleterre protestante applaudit à la déconfiture du catholicisme ; elle raisonne, à son point de vue, exactement comme faisait le juste-milieu français. Frapper la papauté, la Révolution n'étant pas là, c'est rompre le faisceau catholique, c'est amoindrir la France. Elle proclame l'auteur de la brochure Le Pape et le Congrès aussi grand théologien et homme d'Etat que Jacques Ier et Henri VIII, et peut-être daignera-t-elle signer avec lui un traité de commerce. Combien cela durera-t-il? Ce que durent les alliances formées sans principes : aussi l'Angleterre ne s'y fie point.

L'empire, organe d'une société que l'idée a abandonnée, l'empire s'agite, brûle de la poudre, fait tapage; sa gloire n'engendre pas. Il n'a pas pu, ou pas su, préserver de sa dissolution l'empire ottoman ; il n'a point mis de barrière aux envahissements de la Russie ; il n'a pas osé s'avancer jusqu'à l'Adriatique et il a laissé les Autrichiens dans la Péninsule ; il n'a pas même le courage de tenir ses promesses de Villafranca; maintenant il laisse choir le pape dont il voulait faire le président fédéral de l'Italie et que depuis dix ans il soutenait. Supposons qu'après l'annexion des duchés et des Romagnes au Piémont vienne, la diplomatie britannique et le parti de l'unité aidant, celle de la Vénétie et de Naples; Napoléon III l'empêcherait-il? Il ne le pourrait pas, engagé qu'il est par ses propres paroles, engagé par sa fringale d'alliance avec les Anglais. Il n'oserait prétendre que le vœu des populations est sacré, tant qu'il n'y va que de la souveraineté du saint-père, mais que c'est autre chose de l'annexion des pays insurgés aux États sardes. Le seul fruit de la campagne d'Italie serait ainsi d'avoir servi d'instrument à la politique de MM. de Cavour, Garibaldi, Mazzini, Orsini; de nous avoir suscité un voisin puissant, qui ne peut pas nous aimer, qui ne nous a jamais aimés, et d'avoir consommé l'investissement de la France. — Pouvons-nous, disent les politiques du 2 Décembre, empêcher l'Italie de réaliser son unité? En avons-nous le droit? La Révolution elle-même n'a-t-elle pas pour principe de respecter les nationalités? — Faites donc alors, leur répondrai-je, faites la Révolution ;

[English translation]

on the East. At this moment, admittedly, there is a cooling of the Russian alliance, a reheating of English alliance. Protestant England applauds the failure of Catholicism; it reasons, from its point of view, exactly as made the French middle course. To strike papacy, the Revolution not being there, it is to break the catholic beam, it is to reduce France. It proclaims the author of the booklet the Pope and the Congress as large theologist and statesman as Jacques Ier and Henri VIII, and perhaps will condescend she to sign with him a commercial treaty. How much that will it last? What lasts the alliances formed without principles: also England does not trust it.

The empire, the body of a society abandoned by the idea, the empire is agitated, burns powder, makes a din; its glory does not kindle. It could not, or did not know, to preserve the Ottoman empire from its dissolution; it did not put up a barrier to the incursions of Russia; it did not dare to advance to the Adriatic and it left the Austrians in the Peninsula; it does not have even courage to hold its promises of Villafranca; now it lets choir the pope of which it wanted to make the federal president of Italy and which for ten years it had supported. Let us suppose that after the annexation of the duchies and Romagnes in Piedmont comes, the British diplomacy and the helping party of the unity, that of Venice and Naples; Would Napoleon III prevent it? He could not it, committed that he by his own words, is engaged by his pang of hunger of alliance with the English. He would not dare to claim that the will of the people is sacred, as long as he goes there only from the sovereignty of the Holy Father, but that it is anything other than the annexation of the insurgent countries in the Sardinian States. The only fruit of the countryside of Italy would be thus to have been used as instrument with the policy of Monsieurs Cavour, Garibaldi, Mazzini, Orsini; to have caused a powerful neighbor to us, who cannot love us, which loved us forever, and to have consumed the investment of France. - Can we, say the policies of December 2, to prevent Italy from carrying out its unit? In do we have the right? Doesn't the Revolution itself have for principle of respecting nationalities? - Thus Made then, I will answer them, make the Revolution;