De la Justice dans la Révolution et dans l'Église

From Proudhon Library
Jump to: navigation, search

De la Justice dans la Révolution et dans l'Église / Justice in the Revolution and in the Church

Pierre-Joseph Proudhon

Volumes 21-26 of Œuvres Complètes de P. J. Proudhon (Lacroix)

Synopsis

Note: These summaries of the sections of the book come from the Garnier Frères editions.

[original French]

PROLOGUE.

Argument. — Le pyrrhonisme, après avoir frappé les idées, s'attaque aux mœurs. Le problème de la certitude philosophique se trouve ainsi ramené au problème des droits et des devoirs, ou problème moral, en sorte que la solution de celui-ci donnerait la clé de celui-là. Or, le problème moral ne peut être résolu que par la Révolution ou par l'Église : la première, organe de la pensée purement juridique ; la seconde, organe de la pensée religieuse. Toute éthique rentre fatalement dans l'un ou dans l'autre système. Mais, grâce à l'opinion qui rattache à une considération surhumaine le principe de la Justice et des mœurs, la question de droit n'a jamais été franchement dégagée de la question de foi ; toujours un peu de religion s'est mêlé à la cause de la liberté, toujours un peu de liberté s'est intro- duit dans le système religieux; et ni la Révolution n'a pu enlever l'Église, ni l'Eglise triompher de la Révolution. Il semble donc que le moyen d'en finir, de sauver avec la Révolution la conscience et la certitude humaine, soit de changer d'hypothèse, d'abord en renonçant à toute pensée de conciliation entre deux puissances manifestement incompatibles; puis, et surtout, en posant la question de droit en dehors de toute théodicée. Alors do deux choses l'une : ou c'est l'Église qui possédera la vraie science des mœurs, avec elle la raison de l'humanité et des choses, et conséquemment la Révolution devra être écartée comme immorale ; ou c'est le contraire qui aura lieu : telle est la question décisive qu'on s'est proposé de vérifier dans ces Études.


PREMIÈRE ÉTUDE.

POSITION DU PROBLÈME DE LA JUSTICE.

[Argument. — Pour que la société sort possible, un principe de régularisation des rapports humains, quelque chose comme ce que nous appelons Justice, est nécessaire. Or, ce principe, pour agir avec efficacité, ne peut pas se réduire à une pure notion de l'entendement ; il faut que ce soit une puissance, une réalité. Le consentement universel est d'accord de ces prémisses ; mais on se divise sur la conclusion, ce qui donne lieu à deux systèmes : l'un, celui de la transcendance, consiste à placer hors de l'homme, soit en un Dieu, soit en une autorité constituée, Église ou État, le sujet ou auteur du droit; l'autre, celui de la. Révolution, place le sujet juridique dans la conscience, et le fait identique à l'homme même.]


DEUXIÈME ÉTUDE.

LES PERSONNES.

[Argument. —Cette étude, ainsi que les suivantes, a pour objet de prouver que, dans l'hypothèse religieuse, quelle qu'elle soit, la Justice ayant sa réalité hors de l'homme, se réduit pour l'homme à une pure notion de l'entendement, sans action sur la conscience; que de plus, par cette ablation de sa faculté justicière, ablation qui fait l'essence de toute religion, l'humanité se trouve constituée en un état de dégradation naturelle et d'immoralité invincible, dont la religion est impuissante plus tard à la faire sortir. Dogme fameux du péché originel, commun à toute église et à toute théodicée; corruption des mœurs, en raison même de la religion. — Forte de cette expérience, la Révolution explique par quelle illusion de l'optique intellectuelle l'homme pose hors de lui ce qui est en lui, et de sa propre Justice se fait une idole qui n'est plus lui; comment, dans l'enfance des sociétés, cette hypothèse put servir à l'éducation des consciences; comment ensuite, après avoir été l'auxiliaire de la conscience, la religion en est devenue le tyran. Réduction à l'absurde du système chrétien et de tous ses analogues : il n'y a de salut pour la Justice, la société, l'homme, que dans la Révolution.]


TROISIÈME ÉTUDE.

LES BIENS.

[Argument. — L'hypothèse religieuse et la constitution ecclésiastique, quelles qu'elles soient, faisant de la Justice une puissance extérieure et supérieure à l'humanité, du droit un commandement, du devoir une sujétion, il en résulte, dans la pratique sociale, un complet arbitraire, non-seulement quant aux personnes, déclarées indignes par nature et sans droits, mais quant aux biens, dont la distribution, suivant ce système, n'appartient qu'à Dieu et à l'Église, c'est-à-dire au hasard et à l'arbitraire. Théorie célèbre du favoritisme ou de la grâce; immoralité profonde qui s'ensuit. L'Église, intéressée par sa foi au maintien du paupérisme, niant l'égalité des biens comme l'égalité des personnes, niant même toute espèce d'économie rationnelle, aboutit au système de communauté religieuse qu'elle tenta de généraliser au moyen âge, et qu'elle s'efforce de restaurer aujourd'hui. Immixtion illicite du clergé dans les affaires; accroissement illégitime de la propriété ecclésiastique; péril pour les familles et le travail libre. — En regard de ce manque absolu de Justice distributive, inhérent à toute société constituée sur une idée mystique, la Révolution pose les fondements de la nouvelle économie sociale par une simple conversion de la réciprocité de respect ou droit personnel, en réciprocité de service ou droit réel. Théorie de l'égalité; aperçu de l'équilibre économique.]


QUATRIÈME ÉTUDE.

L'ÉTAT

[Argument. — L'immoralité dans l'ordre politique est une conséquence de l'immoralité dans l'ordre économique. En vertu de son dogme, l'Eglise non-seulement accepte cette immoralité nouvelle, attribuée jadis au Destin ; elle la confirme, la consacre, par ses théories du régne providentiel et de la prédestination. Instabilité fatale des Etats, dont l'Église se prévaut comme d'un témoignage qui fait ressortir son éternité; tentative avortée de théocratie; destruction systématique de la morale par la substitution de la raison d'Etat à la Justice; convutsions de la société. — A la place de ce nihilisme politique, la Révolution propose sa théorie positive et réaliste du pouvoir social, impersonnel, invisible, anonyme, résultant de l'action commutative des forces économiques et des groupes industriels, c'est-à-dire de la liberté même.]


CINQUIÈME ÉTUDE.

L'ÉDUCATION.

[Argument. — Quelle que soit la religion, produit d'une intuition mystique ou d'une spéculation métaphysique ; que l'église qui lui sert d'expression soit organisée pour l'aristocratie ou pour le commu- nisme, dés lorsque cette religion pose le principe du droit en dehors ilu sujet humain, il est fatal que l'éducation soit aussi hors l'huma- nité, et se résolve en un système de dépravation. Ainsi l'âme n'étant pas cultivée comme un germe vivant, qui possède sa loi en soi et no demande qu'à se développer librement, mais traitée comme une nature informe, obscure et mauvaise, qui attend sa façon, son mouve- ment et sa qualité d'une action étrangère, l'homme devient, par l'édu- cation que lui donne l'Église, hypocrite, puisque sa conscience n'est pas en lui ; étranger à lui-même, puisque sa fin est hors de lui ; étranger à la société, qui par sa raison d'état tantôt le fait serf, tantôt le privilégié, dans tous les cas lui Ole la raison des choses et le res- pect des personnes ; étranger enfin à la terre sur laquelle il est comme exilé, et qui n'a rien de commun avec lui. Et comme le résultat iné- vitable d'une pareille éducation est de rendre, par la privation de toute justice propre, de toute franchise de l'esprit, de toute estime du prochain, de toute communion avec la nature, l'existence malheu- reuse, la mort sera d'autant plus misérable que la dévotion du sujet a sa foi aura été plus grande. — Théories contraires de la conscience libre, de l'enseignement égalitaire, de la possession de la nature, et de la bonne mort.]


SIXIÈME ÉTUDE.

LE TRAVAIL.

[Argument. — Le travail, par son côté répugnant et pénible, crée pour l'homme une fatalité qui tend à le rejeter incessamment dans la servitude, que la balance économique, l'organisation politique et l'é- ducation ont pour but au contraire de faire cesser. Pour vaincre cette fatalité, qui menace la Justice et compromet la civilisation, il n'est qu'un moyen, c'est de passionner le travail, ce qui ne se peut faire qu'à une condition, savoir, que chaque travailleur devienne de sa personne, pendant le cours de sa carrière, un représentant de la totalité du développement industriel. D'où il suit que le problème du travail passionnel, en autres termes, du travail affranchi, est identique à celui de l'origine des connaissances et de la formation des idées, et que l'ap- prentissage des métiers se présente comme une branche de l'instruc- lion publique. Mais ici, comme partout, la théologie's'est signalée par son génie anti-pratique; à sa suite, l'Église et l'État ont décrété, de par la dignité de l'esprit, la servitude de l'homme de peine. Antipa- ihie de la philosophie spiritualiste pour le travail; impuissance de la charité. — La Révolution, en résolvant le problème, anéantit la révé- lation dans sa cause et rend toute hiérarchie sociale impossible.]


SEPTIÈME ÉTUDE.

LES IDÉES.

[Argument. — Dés l'origine de la civilisation, les hommes ont conçu la vérité et la loi des choses comme étant d'essence supérieure à la lumière individuelle, que le sens intime et la pratique de la vie dénoncent à chaque instant comme trouble et contradictoire. Aussi l'autorité privée fut-elle de tout temps suspecte, et l'on a cherché la raison générale ou la certitude, tantôt dans des révélations et des oracles, tantôt dans le consentement spontané ou réfléchi des peuples, plus tard dans la méditation métaphysique, enfin, et en désespoir de cause, dans l'observation et l'expérience. Tout faisait une loi de cette recherche : l'opposition des intérêts, le mensonge des formules, les variations sans fin du législateur, l'interprétation plus variable encore du juge, les incertitudes des philosophes, la contradiction sans cesse renaissante entre les institutions d'une paît, et l'expérience quotidienne de l'autre. Après l'ignorance des lois de la Justice économique, politique et industrielle, l'ignorance des conditions de la raison générale est la plus grande cause de démoralisation qui afflige le genre humain. Insuffisance des garanties proposées : corruption de la science et de la raison publique par l'autorité ecclésiastique ; scepticisme universel, pacte de mensonge, tyrannie de l'absolu. — La Révolution fait la lumière au sein de ces ténèbres : après avoir déterminé l'objet positif et la circonscription de la métaphysique, elle affirme la réalité de la raison collective, sa distinction spécifique d'avec la raison individuelle, et, sur les ruines de l'immoralité probabiliste, fonde l'édifice indestructible de la foi publique.]


HUITIÈME ÉTUDE.

CONSCIENCE ET LIBERTÉ.

[Argument. — Quels que soient le dogme et la constitution d'une église, si cette église admet la réalité et l'efficacité de la conscience, en autres termes le principe de la Justice immanente, elle perd sa raison d'étre et cesse d'exister; si elle reconnaît, en dehors du commandement divin, une différence entre le bien et le mal, elle cesse d'exister ; si elle a l'intelligence et le respect de la liberté, elle cesse encore d'exister. L'Eglise nie donc la suffisance de la conscience et la réalité de la Justice; elle nie là justification de l'humanité par elle-même; elle nie la distinction subjective du bien et du mal, et elle accuse la liberté, qu'elle ne comprend pas, d'être l'ennemie de Dieu. De là, en premier lieu, le pyrrhonisme moral qui, sous prétexte de sanction divine, fait le fond de toute théologie; de là, ensuite, ce régime d'autorité et de discipline par lequel l'Église entreprend de contraindre au bien des natures lâches et déchues; de là enfin, lorsque la foi religieuse vient à s'éteindre, la corruption et l'esprit de tyrannie qui s'emparent de toute nation en qui la critique, ayant tué la religion, a laissé la morale sans fondements. Comment alors relever la société affaissée? Sera-ce par la Justice, dont la notion, en dehors de la théologie, existe à peine, et qu'une si longue préoccupation du sujet divin empêche de sentir; ou par la liberté, dont le mystère est encore plus impénétrable, et que nient formellement les philosophes? Les nations anciennes ont succombé devant le problème ; et nous sommes menacés d'y succomber à notre tour. — Ici de nouveau la Révolution se lève : elle démontre contre le pyrrhonisme théologique, la réalité et l'efficacité du sens moral; contre les sophismes de la raison d'Église et de la raison d'État, la certitude de la distinction du bien et du mal; contre le fatalisme des philosophes et la mythologie de la révélation, la nature et la fonction de la liberté.]


NEUVIÈME ÉTUDE.

PROGRÈS ET DÉCADENCE.

[Argument. — S'il avait été possible que l'humanité demeurât fidèle à la pensée religieuse par laquelle s'ouvre son existence, malgré l'accumulation de ses découvertes, le progrès de son industrie, les évolutions de la politique, elle aurait vécu dans un état de décadence non interrompue ; comme l'enfant scrofuleux, elle serait née pour pourrir; sa destinée, hideusement pervertie, aurait été une longue décomposition. Il y a de cela une triple cause : 1° L'homme, en vertu de sa religion, incrédule à lui-même, n'a de foi qu'en la Divinité, ce qui fausse en Iui et bientôt arrête le mouvement de la justice; 2° En vertu de la même religion, il suit l'idéal plutôt que le droit, et se perd par l'idolatrie et la débauche ; 3" La société, toujours par l'effet de ce culte, conçoit une idée fausse de sa destinée, qu'elle assimile à celle des existences inférieures ; en sorte que, comme sa pensée est tournée vers, la mort, ses institutions et sa tendance l'y poussent fatalement. Et l'histoire prouve que telle en effet, ou peu s'en faut, a été jusqu'ici la vie de l'humanité : cette vie n'est pas précisément continue, elle se compose d'une suite d'existences collectives placées bout à bout, se transmettant de l'une à l'autre le flambeau de la civilisation, mais qui toutes finissent misérablement, comme si elles n'avaient reçu de force vitale que ce qu'il en faut pour traîner plus ou moins longtemps leur agonie.

La Révolution, en nous apprenant à déduire de la théorie de la Justice et de la Liberté la théorie du Progrès, met un terme à ce désespoir. Elle démontre, par la logique et par les faits, que si la vertu propre de l'âme, si la joie de la conscience, par suite l'éclat du génie, ont subi, sous l'influence de la tristesse religieuse, une longue éclipse, cette éclipse touche à sa fin, et que des succès plus grands, une félicité supérieure, nous attendent.]

[English translation]

PROLOGUE

[Argument. - Pyrrhonism, having struck ideas, attacks morals. The problem of philosophical certainty thus leads us back to the problem of rights and duties, or the moral problem, so that the solution to the one would provide the key to the other. However, the moral question can only be resolved by the Revolution or by the Church, the first being an organ of purely juridical thought, the second an organ of religious thought. Any ethics inevitably falls into one system or the other. However, thanks to the opinion that attributes the principle of justice and morality to superhuman considerations, the question of rights has never been completely detached from the question of faith; a bit of religion was always mixed in with the cause of freedom, a little freedom was always introduced into the religious system; and the Revolution could never overthrow the Church, nor the Church prevent the triumph of the Revolution. It seems therefore that the way to have done with this, to save the Revolution along with human conscience and certainty, would be to change hypotheses, first by abandoning any thought of reconciliation between two manifestly incompatible powers; secondly, and most importantly, by posing the question of rights outside of any theodicy. Thus, there are two options: either it is the Church which shall possess the true science of morals, and with it, the reason of humanity and things, and consequently the Revolution should be rejected as immoral; or the contrary shall take place. Such is the crucial question that we have proposed to investigate in these studies.]


FIRST STUDY

POSITION OF THE PROBLEM OF JUSTICE.

[Argument. - For society to be possible, a principle of regularization of human relationships, something like what we call Justice, is needed. But this principle, in order to act effectively, cannot be reduced to a notion of pure intellect; it must be a power, a reality. The universal consensus is in accord with this premise, but it is divided over the conclusion, resulting in two systems: one, that of transcendence, consists in placing outside of man, either a God, or a constituted authority, the Church or the State, the subject or author of the law; the other, that of the Revolution, places the juridical subject within the conscience, and makes it identical to man himself.]


SECOND STUDY

PERSONS

[Argument. - This study, together with those following, aims to prove that, in any religious hypothesis whatsoever, Justice, having its reality outside of man, is reduced for man to a pure concept of the intellect, without action on the conscience; that moreover, by this removal of his faculty of judgment, an ablation which is the essence of any religion, humanity finds itself constituted in a state of natural degradation and invincible immorality, from which religion is thereafter powerless to remove it. The famous dogma of original sin, common to the whole church and all theodicy; corruption of morals due to the same religion. – Based on this experience, the Revolution explains by what optical illusion of the intellect man projects what is within himself outside of himself, and makes of his own Justice an idol that is no longer himself; how, in the infancy of societies, this hypothesis could serve for the education of consciences; how subsequently, after having been the auxiliary of the conscience, religion has become a tyrant over it. Reductio ad absurdum of the Christian system and all its analogues: there is no salvation for Justice, society, man, outside of the Revolution.]


THIRD STUDY

GOODS

[Argument. - The hypothesis religious and ecclesiastical constitution, what they are, making the Justice and an external power greater than humanity, the right command, the duty One topic, the result, in social practice, a completely arbitrary, "not only about the people, declared unworthy by nature and without rights, but about the goods, whose distribution along the system, belongs to God and the Church, that is to say at random and arbitrary. Famous theory of favoritism or of grace; profound immorality that follows. The Church's interest in maintaining the faith in poverty and denied equal property as equal people, even denying any kind of rational economy, leads to the religious community tried to generalize it to the Middle Ages and it strives to restore today. Unlawful interference of the clergy in the business, increasing illegitimacy of ecclesiastical property; risk for families and free labor. - With regard to the absolute lack of distributive justice, inherent in any company incorporated on a mystical idea, the Revolution laid the foundations of the new economy by a simple conversion of reciprocity of respect or personal, in reciprocal service or law real. Theory of equality; overview of the economic equilibrium.]


FOURTH STUDY

THE STATE

[Argument. - Immorality in the political order is a consequence of immorality in the economic order. By virtue of its dogma, the Church not only accepts this new immorality, which it attributes to Destiny; it confirms it, it consecrates it, by its theories of providential reign and predestination. The fatal instability of States, on which the Church prevails as a testimony to its own eternity; the failed attempt at theocracy; the systematic destruction of morality by the substitution of raison d’État for Justice; the convulsions of society. — In place of this political nihilism, the Revolution proposes its positive and realist theory of social power, impersonal, invisible, anonymous, a resultant of the commutative action of economic forces and of industrial groups, that is, liberty itself.]


FIFTH STUDY

EDUCATION

[Argument. — Whether religion is a product of a mystical intuition or a metaphysical speculation, and whether the Church that serves as its expression is organized for aristocracy or for communism, since this religion posits the principle of right apart from the human subject, education must also necessarily be outside of humanity, and ends in a system of depravity. Thus, the soul, not cultivated as a living germ that has its law in itself and only asks to develop freely but treated as a uniform, obscure and bad nature that is to be given its path, its movement, and its quality by an extrinsic action, man becomes, by way of the education given him by the Church, a hypocrite, since his conscience is not within himself; a stranger to himself, since his end is outside himself; a stranger to society, which, by way of its State reason, sometimes makes him a serf, sometimes privileges him, but in all cases deprives him of the reason of things and respect for persons; a stranger, finally, to the earth on which he stands like an exile, and which has nothing in common with him. And since the inevitable result of such an education, by depriving him of all of his own justice, of all freedom of spirit, of any regard for his kind, of any communion with nature, is to render existence unhappy, death will be all the more miserable to the extent that the devotion of the subject to its faith will have been greater. – Contrary theories of free conscience, egalitarian teaching, the possession of nature, and a good death.]


SIXTH STUDY.

LABOR

[Argument. — Labor, in its repugnant and painful aspect, creates for man a fatality that constantly tends to throw him back into bondage, which the economic balance, political organization, and education are meant, on the contrary, to stop. There is only one means to overcome this calamity that threatens Justice and undermines civilization: it is to make work passionate, which can only be accomplished on one condition: namely, that every worker makes of his person, during the course of his career, a representative [représentant] of the totality of industrial development. Hence it follows that the problem of passional labor [travail passionel], in other words, of emancipated labor [travail affranchi], is the same as that of the origin of knowledge and the formation of ideas, that the apprenticeship of trades presents itself as a branch of public education. But here, as everywhere, theology is signaled by its anti-practical genius; following it, Church and State have decreed, by the dignity of the spirit, the human bondage to pain. Antipathy of spiritualist philosophy to labor; impotence of charity. – The Revolution, in solving the problem, destroys the revelation in its cause and renders impossible any social hierarchy.]


SEVENTH STUDY

IDEAS

[Argument. — Since the beginning of civilization, humans have conceived of the truth and law of things as being of an essence superior to individual enlightenment, which the intimate sense and the practice of life denounced at every moment as troubled and contradictory. Private authority, too, was at all times suspect, and one sought the general reason or certainty sometimes in revelations and oracles, sometimes in the spontaneous or reflected consent of peoples, then in metaphysical meditations, finally, and in desperation, in observation and experience. Everything was a law of this research: the opposition of interests, the lie of formulas, the endless variations of the legislator, the even more variable interpretation of the judge, the uncertainties of the philosophers, the continually resurgent contradiction between institutions, on the one hand, and everyday experience on the other. After ignorance of the laws of Justice economic, political and industrial, ignorance of the conditions for the general reason is the biggest cause of demoralization that afflicts the human race. Insufficiency of the guarantees proposed: the corruption of science and the public reason by ecclesiastical authority; universal scepticism, the pact of falsehood, tyranny of the absolute. – The Revolution brings light to these shadows: after determining the positive object and limits of metaphysics, it proclaims the reality of the collective reason, its specific distinction from the individual reason, and, on the ruins of probabilist immorality, founds the indestructible edifice of the public faith.]


EIGHTH STUDY

CONSCIENCE AND FREEDOM.

[Argument. — Whatever the doctrine and constitution of a church, if this church accepts the reality and efficacity of consciousness, in other words, the principle of immanent Justice, it loses its raison d'être and ceases to exist; if it recognizes, apart from divine commandment, a difference between right and wrong, it ceases to exist; if it has the intelligence of and respect for freedom, again, it ceases to exist. The Church therefore denies the sufficiency of consciousness and the reality of Justice; it denies the justification of humanity itself, which denies the subjective distinction between good and evil, and it accuses freedom, which it does not understand, of being the enemy of God. From this, in the first place, comes the moral pyrrhonism which, under the pretext of divine sanction, is the foundation of all theology; from this, then, comes that system of authority and discipline by which the Church undertook to compel weak and fallen natures to goodness; from this, finally, when religious faith falters, come sthe corruption and spirit of tyranny that captured the whole nation in which criticism, having read religion, left morality without foundations. Co'mment then raise the company slumped? Will that by the Justice, whose concept, apart from theology, barely exists, and that so long concern about the divine ability to feel, or freedom, which mystery is even more impenetrable, and formally deny that the philosophers? The ancient nations have succumbed to the problem, and we are in danger of succumbing in our turn. – Here again the Revolution raises itself up: it demonstrates, contrary to theological pyrrhonism, the reality and effectiveness of the moral sense; against the sophistry of Church reason and raison d’État, the certainty of the distinction between good and evil; against the fatalism of the philosophers and the mythology of revelation, the nature and function of freedom.]


NINTH STUDY

PROGRESS AND DECADENCE

[Argument. — Had it been possible for mankind to remain faithful to the religious thought that inaugurates its existence in spite of the accumulation of its discoveries, the progress of its industry, the evolution of its politics, it would have lived in a state of uninterrupted decadence; scrofulous as a child, it would have been born to rot; its destiny, hideously perverted, would have been but a long decomposition. There is, in this, a threefold cause: 1. Man, by virtue of his religion, incredulous at himself, has faith in the Divinity, which distorts him and soon arrests the movement of justice; 2. By virtue of the same religion, he follows the ideal rather than right, and loses himself in idolatry and immorality; 3. Society, also by the effect of this cult, conceives a false idea of its destiny, which it equates with that of inferior existences; such that, as its thoughts have turned toward death, its institutions and his tendency inexorably push it towards it. And history shows that this, or very close to it, has indeed been the life of humanity: this life is not exactly continuous, it consists of a series of collective existences placed end to end, handing down the torch of civilization from one to the next, but all ending miserably, as if they had received only enough vital force to extend their agony for longer or shorter periods.

The Revolution, in teaching us to deduce from the theory of Justice and Freedom the theory of Progress, puts an end to such despair. It shows, by logic and fact, that if the virtue proper to the soul, if the joy of conscience, following the burst of genius, have suffered a long eclipse under the influence of religious sorrow, this eclipse is coming to an end, and the greatest success, a superior felicity, awaits us.