Contradictions politiques/117

From Proudhon Library
Jump to: navigation, search
Contradictions politiques/116 Contradictions politiques/118

[original French]

qui lui donnait une sorte d'excuse, mais que l'on devra dire désormais aboli, elle s'est introduite


gères, comme elle entend faire respecter la sienne; n'entreprend aucune guerre dans des vues de conquête, et n'emploie jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple. » — Charité bien ordonnée commence par soi-même, dit le proverbe. Si tel devait être l'esprit de la nouvelle République, que ne commençait-elle par témoigner de son bon dessein en rendant à l'existence les nationalités dont se compose son Unité? Les auteurs de la constitution de 1848 s'imaginaient-ils par hasard que les douze ou quinze peuples, parfaitement distincts, dont la réunion forme ce qu'on appelle vulgairement le peuple français, ne sont pas de vraies nationalités?

Art. 1e. La souveraineté réside dans l’universalité des citoyens français... Aucune fraction du peuple ne peut s'en attribuer l'exercice. » — Je continue ma question. J'admets parfaitement que la partie ne doive pas gouverner le tout; mais pourquoi chaque partie ne se gouvernerait-elle pas elle- même? Est-ce que cela ferait tort à personne?

« Art. 10. Tous les citoyens sont également admissibles à tous les emplois publics. » — Je suis pour l'égalité devant la loi et devant les emplois. Mais une distinction est ici nécessaire : de même qu'il y a des fonctions générales, auxquelles tous sont admissibles, il y a des fonctions locales, auxquelles il semble que les habitants de chaque localité conviennent seuls.

« Art. 15. Tout impôt est établi pour l'utilité commune. » — Quoi! l'impôt établi en Bretagne est établi pour la Savoie, celui établi dans les Pyrénées pour la Flandre, et réciproquement! Passe pour ce qui concerne les dépenses générales; mais pour les dépenses départementales ? Quelle est donc cette fièvre d'universalisation? A quoi sert-elle? Est-ce qu'un contrat d'assurance, en cas de malheur, ne suffirait pas?

[English translation]

giving it a sort of excuse, but that should long since have been said to be abolished, it has introduced


as it causes its own to be respected. It undertakes no wars with a view of conquest, and never employs its power against the liberty of any people." - True charity begins at home, says the proverb. If such should be the spirit of the new republic, why did it not begin by testifying to its good intentions by giving existence to the nationalities that comprise the unit? Did the authors of the constitution of 1848 imagine that it was by chance that the twelve or fifteen perfectly distinct peoples that join to form the vulgarly so-called French people are not real nationalities?

"Art. 1. The sovereignty exists in the whole body of French citizens. It is inalienable and imprescriptible. No individual, no fraction of the people can arrogate to themselves its exercise." - I continue my question. I do not wish that any party should rule over the whole, but why is each party not to govern itself? Would this wrong any person?

"Art. 10. All citizens are equally admissible to all public employments." - I am for equality before the law, including in matters of employment. But a distinction is needed here: just as there are general functions, for which all are eligible, there are also local functions, on which it seems that only the inhabitants of each locality must agree.

"Art. 15. All taxes are imposed for the common good. Every one is to contribute in proportion to his means and fortune." - What! The tax established in Bretagne was prepared for Savoie, one established in the Pyrénées for Flandre, and vice versa! This may be so with regard to general spending, but what about departmental expenditures? Whence comes this fever for universalization? What is it for? Wouldn't a contract of insurance in case of misfortune suffice?